AU TRAVAIL
avec la danse, la jeunesse & le cinéma
Un premier temps d’approche scénographique avec la plasticienne Delphine Gatinois et Christophe Haleb pour faire remonter à la surface tout un matériau plastique issu de plusieurs strates de créations de la compagnie réalisées entre 1993 et 2021. Cet archivage que l’on prélève ouvre, à l’image d’un chantier archéologique, tout un champ de redécouverte des traces, des formes, des objets, des matières, donnant lieu à de nouvelles topologies scénographiques possibles. Cette première approche exploratoire du sous-sol et des empilements nous montre différents paliers « géologiques » et générationnels. Tous ces matériaux en réhabilitation ouvrent de belles perspectives.
Artiste associé à Bourges 2028 capitale européenne de la culture, Christophe Haleb va démarrer dès ce mois de janvier les premiers ateliers et temps de tournage autour d’Another Youth, un projet ambitieux qui nous entraîne dans un processus de création au long cours qui va se déployer sur trois ans à Liepāja – European Capital of Culture en Lettonie et à Bourges.
Avant son chantier de réhabilitation, l’hôtel Dieu de Bourges, ancien monument du XVIe siècle, nous ouvre ses portes, pour y répéter et y créer in situ les premières séquences de films qui feront partie d’un corpus d’images plus large en vue d’une installation multi-écrans en 2028.
Les parties gothiques et classiques du bâtiment dialogueront avec neuf jeunes gens rencontrés à l’EPIDE, établissement pour l’insertion dans l’emploi, accompagnant des jeunes en professionnalisation, ainsi que trois jeunes autodidactes d’une vingtaine d’années, inspirés par le langage corporel, les gestes, la parole, l’architecture, l’atmosphère des lieux, les façons d’être alternatives et aussi la mise au pas, le jeu, les danses, les câlins collectifs, le manger ensemble, etc.
Équipe de réalisation : Christophe Haleb (réalisateur), Evan Rouillard (chef opérateur), Virgile Van Ginneken (ingénieur son).
En mars, un premier temps d’atelier avec les six jeunes danseur·euses et circassien interprètes.
« Je pense mon rapport à la création comme un processus d’engendrement continu.
Ce qui n’a rien à voir avec l’idée d’un empilement. Je me situe dans une collaboration perpétuelle entre les générations. Un peu comme dans un compagnonnage, en cheminant côte à côte se tissent les fils d’une attention à la conversation entre les générations, entre le vieillissement et l’engendrement. Les uns rafraichissent et les autres murissent. Ce qui me permet de repenser l’histoire de ma vie avec la danse et l’histoire humaine autrement que comme des couches qui s’empilent les unes sur les autres et se recouvrent sans rien générer de vivant pour l’avenir. Avec les six danseur·euses interprètes impliqué·es dans le processus de(s)génération(s) nous procèderons de cette dynamique de création. »
Christophe Haleb
RENDEZ-VOUS
Projection exceptionnelle dans le cadre de Lagwiyann, focus sur la jeunesse guyanaise qui aura lieu au 3 bis f à Aix-en-Provence :
> SAM. 14 février à 17h : projection du film SLM, chroniques d’une jeunesse lointaine en présence du réalisateur
Ce focus du samedi 14 février démarrera dès 15h avec une présentation du travail de La Troupe des jeunes de l’Entonnoir avant la projection. Une conversation en partenariat avec les Archives Nationales d’Outre-mer à Aix-en-Provence fera suite à la projection.
> JEU. 12 mars : projection du diaporama au lycée Nadar
Christophe Haleb, Sébastien Normand et Gaspard Ajolet ont activé en décembre un atelier de pratique artistique chorégraphique et photographique in situ réalisé en quatre jours avec les jeunes de deux classes de seconde Commerce et seconde Sécurité. Ce projet s’est construit en partenariat avec la Scène Nationale de l’Essonne et le lycée polyvalent d’enseignement général, technologique et professionnel Nadar de Draveil en Essonne – Projet ACTE (Projet Artistique et Culturel en Territoire Educatit). Suite aux ateliers de pratique artistique, le projet Nadar Express prend la forme d’un diaporama qui sera diffusé en mars dans l’auditorium du lycée.
DANS LES PARAGES
un lieu de résidences pour les artistes à Marseille
(Montpellier)
CULTIVER LA JOIE. Le projet de la Plateforme des savoirs posthumains se propose d’édition en édition, de diffuser et partager des savoirs situés dans le champ chorégraphique. Conçue dans une démarche collaborative susceptible de vivifier la création et comme ouverte à tous types de publics, la Plateforme se conçoit comme un laboratoire en prise sur les transformations sociétales relatives à la crise du vivant. Pour cette résidence à Dans les parages, la question qui nous anime est comment fabriquer ensemble de la joie pour réagir en des temps si troublés ? Revisitant Spinoza pour éclairer la période d’incertitude qui est la nôtre, il s’agira de reprendre collectivement espoir et de célébrer le vivant.
> 29 janvier de 17h à 19h, les portes de notre laboratoire seront ouvertes au partage de pratiques et de discussions.
(Marseille, Cie Dodescaden)
TREMBLING. Inspiré par la pensée du tremblement d’Édouard Glissant, qui évoque une manière d’être au monde marqué par la vulnérabilité, l’incertitude et l’ouverture aux autres, Trembling invite à dépasser les cadres rigides hérités de la colonisation et de la modernité, pour embrasser la diversité et la relation dynamique entre cultures et identités. Plutôt que de chercher des certitudes fixes ou des identités closes, le tremblement invite à accepter l’imprévisible et le mouvant comme des conditions propices à l’émergence de nouvelles formes de relations et d’imaginaires.
La performance devient un acte de décolonisation de l’imaginaire, où improvisation et mouvements libèrent de nouvelles possibilités de relation au monde. La chorégraphie, guidée par des contraintes, crée des états d’incorporation et d’excorporation où le corps, en « tremblement », produit des figures résistantes et paradoxales. En dialogue avec un univers sonore instable basé sur des boucles et résonances amplifiées, Trembling incarne une esthétique de l’incertitude, ouvrant un espace poétique et politique pour un corps créole en pulsation avec des potentialités infinies.
(Marseille)
RECHERCHE EN COURS. Seule. Seule avec soi-même. Seule avec les autres. Un moine dans une mégalopole. Dans ce nouveau stade de son étude du mouvement, il est question désormais de le percevoir en termes d’énergie. Manipuler l’énergie, distribuer l’énergie, permuter l’énergie. La danse et la création comme catharsis. Marie-Khane ouvre une discussion sur le politiquement correct. Pourquoi ne pouvons-nous pas crier à pleine gorge au milieu de la journée dans la rue ? Pourquoi nous empêchons nous de faire une roue, de pleurer en public, d’exprimer notre joie de manière décomplexée ? Et si nous sommes persuadés d’être sur le bon chemin. Pourquoi une parole peut-elle nous faire douter et tout remettre en question ? D’où vient le doute. Des autres ? De soi ? Des deux ? On nous dit que la vingtaine sont nos meilleures années et qu’il faut profiter. Mais quelle pression ! Explorons à travers la transe musicale et dansée, tous ces questionnements inhérents à notre vie. En créant un espace où nous pouvons être authentique, chacun se reflétant dans le miroir de l’autre.
(Marseille)
ALIGNEMENT CIRCULAIRE.
Un projet qui explore trois rituels anatoliens (l’ablution, Hıdırellez, la cuisine) autour de la thématique du pardon. Nous sommes en cours de travail d’un extrait qui aborde la question de l’adresse à l’absent et la rencontre. Le texte a récemment fait l’objet d’une réécriture fictive complète et nécessite d’être mis à l’épreuve du plateau. L’objectif du travail est donc de défricher ce texte pour clarifier le registre de jeu des multiples adresses, et y intégrer une corporalité propre à nos pratiques de la danse. Nous travaillerons également l’interaction de ces corps avec la scénographie, pour mêler quotidien et rituel et trouver les endroits où ils entrent en friction dans le corps, dans le texte et dans le jeu. Le thème de cette résidence qui orientera la chorégraphie du spectacle est celui du séisme.





