- Les créations x de(s)génération(s) -

de(s)génération(s)

Cette nouvelle création s’attachera à repenser l’idée de génération : qu’est-ce qui perdure en nous et qui se tresse entre les générations ? Quelque chose qui ne serait pas l’héritage au sens d’un leg familial, ni d’un empilement d’individus qui se supplanteraient les uns aux autres, mais d’un entrelacement de fils de vie, qui s’enchevêtrent et s’enroulent les uns sur les autres pour engendrer du vivant. Une façon de tresser nos fibres que nous devons apprendre à utiliser.

Pour écrire cette prochaine pièce chorégraphique je vais réunir un petit groupe de six jeunes danseur·euses interprètes professionnel·les issu·es de la danse contemporaine, des danses urbaines et du cirque, que j’ai rencontré·es lors du processus ENTROPIC NOW que La Zouze a mené entre 2017 et 2024. Avec cette nouvelle création l’enjeu se déplace au plateau, et met en scène la relation entre les âges et les transmissions : comment les générations coexistent, se succèdent, s’entrelacent ou se confrontent dans un contexte marqué par les crises écologiques, sociales et démocratiques contemporaines. Progressivement le pièce s’augmentera d’un groupe d’une vingtaine d’amateur·ices âgés de 16 à 80 ans, constitué dans chaque ville d’accueil de la pièce. Cette dimension participative est centrale : elle permet d’inscrire la création dans un processus de collaboration intergénérationnelle réelle, où les corps deviennent le lieu d’expérimentation de nouvelles formes de relation, de coopération et de transmission.

L’écriture chorégraphique s’appuie sur deux figures principales de nos lignées humaines : la corde, symbole d’entrelacement, de continuité et d’engendrement collectif, et la pile, image des strates générationnelles qui se superposent les unes aux autres et parfois se remplacent. La notion de file d’attente devient ici un motif dramaturgique majeur : une marche collective où chaque génération avance avec ses contradictions, ses savoirs faire, ses luttes et ses aspirations, révélant tensions entre continuité et rupture, pouvoir et transmission, coexistence et conflit.

Le plateau à venir est envisagé comme un écosystème vivant constitué de dépôts d’archives de la compagnie, archives scénographiques, musicales et chorégraphiques exhumées et réhabilitées pour donner lieu à de nouvelles formes et de nouveaux passages de gestes avec lesquelles se reconfigurent les interdépendances humaines. La danse devient alors un outil pour penser le monde, conjurer les crises relationnelles et réinventer la filiation comme un processus dynamique plutôt qu’un héritage figé. Le projet porte ainsi une réflexion politique et poétique sur la responsabilité partagée entre générations : comment faire perdurer le vivant et apprendre à habiter ensemble dans des environnements fragilisés et dégradés par trop d’empilements et d’étouffements successifs.

Conception, chorégraphie et mise en scène : Christophe Haleb
Avec la complicité des six danseur·euses et interprètes : Fatma Ahmed (danse), Gaspard Ajolet (danse), Bastien Charmette (danse), Youri Durand (acrobatie et équilibre sur objet), Matéo Souillard (danse), Ruth Wandja Kasongo (danse)
Avec un groupe d’une vingtaine de personnes amateur·ices entre 16 et 80 ans de chacune des villes d’accueil
Scénographie : Delphine Gatinois, conception d’objets-sculptures à partir de matériaux recyclés issus de précédentes scénographies de La Zouze
Sélection films : Christophe Haleb, à partir de la source d’images réalisées ces dernières années
Montage : Bénédicte Cazauran, Sylvain Piot
Musique originale : Benoist Bouvot
Lumière : Julien Soulatre
Assistanat chorégraphique : (en cours)
Création et réalisation costumes : (en cours)
Régie générale : Julien Soulatre
Administration, production et diffusion : Géraldine Humeau, Nicolas Beck

Production : LA ZOUZE – cie Christophe Haleb

Coproduction : Le Manège scène nationale de Reims, Viadanse CCN de Belfort Franche-Comté. Autres coproductions en cours de négociation : Chaillot théâtre national de la danse, Théâtre de l’Agora scène nationale de l’Essonne, La Comédie de Clermont-Ferrand scène nationale, 3bisf Centre d’arts contemporains d’Aix-en-Provence, Ballet national de Marseille CCN, Festival de Marseille, L’Agora cité internationale de la danse CCN Montpellier, LUX scène nationale de Valence, Biennale de la danse de Lyon, La Place de la Danse CDCN Toulouse Occitanie, Le Gymnase CDCN de Roubaix Hauts-de-France, La Maison de la Culture d’Amiens scène nationale, La Place de la Danse CDCN Toulouse Occitanie, etc.

Ce projet de création est soutenu par la Fondation de France.

Le Manège scène nationale de Reims, PREMIÈRES les 14 et 15 mai 2027